Le parapluie rose

Depuis début novembre et jusqu'à fin mars 2020, le musée Thomas Henry à Cherbourg expose une vingtaine d'illustrations grand format mettant en scène la ville imaginaire de New Cherbourg. Cette commande est venue après que j'ai montré une première image que j'avais faite pour le plaisir et inclus dans la présentation du projet.

La commande m'a permis de développer la manière dont nous allions "voir" Cherbourg dans la bd. La grosse question étant de savoir si nous devions reconstituer la ville comme elle était dans les années 30 ou pas.
Finalement, l'idée étant vraiment de se laisser aller à la création d'un univers à la fois familier et imaginaire, nous avons pris l'option de partir du Cherbourg d'aujourd'hui pour pouvoir partager ces aventures avec le plus grand nombre.

Dés lors chaque plan de la bd se situe quelque part dans le Cherbourg-en-Cotentin actuel ( le nouveau nom officiel de Cherbourg ), mais avec un habillage à la fois années 30 et avec des codes urbains américains ( enseignes, néons, briquettes, corniches, mobilier urbains, signalisation, escape stairs, réservoirs sur les toits etc... )

L'image ci-dessous ( la première de la série donc ) est évidemment un clin d’œil à la réputation pluvieuse de Cherbourg ( en ce moment c'est très vrai ). La scène se déroule sur la place la plus connue de la ville, la place du général de Gaulle, devant son magnifique théâtre "Garnier".
Je cherchais à jouer avec cette pluie pour en faire quelque chose de positif et je me suis rappelé la vieille chanson de Gabin, "Je sais" quand il dit: "Quand on s'aime il fait toujours très beau". J'ai simplement  repris cette idée. Un brin "culcul la praline" sans doute mais c'est mon côté fleur bleue.

Le dessin est un peu dans un entre deux et encore influencé par le précédent album que j'avais fait: "Les enfants de Midvalley" avec son dessin très "Popeye" ( ça se voit surtout sur les personnages d'arrière plan ).

C'est aussi sur cette image que j'ai repéré les monstres sculptés sur la fontaine. Sur la vasque du haut il y a un genre de tête, mi monstre mi poisson qui ressemblent à des rougets grondins ( une variété de poisson commune ici ) et je suis parti du principe que le sculpteur, Jean Ernest Boutellier (1851-1920), n'avait rien inventé et que ces bestioles existaient.

Après il n'y avait plus qu'à tirer sur le fil.

L'hôtel du fond existe, le café du théâtre aussi mais pas avec cet aspect, et sur les bancs il y des clins d’œil au journal "La Presse de la Manche" ( qu'on appelle simplement La Presse dans la bd ) et qui prépublie la bd l'été depuis deux ans, et un autre aux grands magasins "Ratti", dont le beau bâtiment années 20, toujours visible en plein centre ville, apparaîtra forcément à un moment ou à un autre dans l'histoire...


Commentaires

  1. Bonjour, magnifique illustration!
    J’ai acheté au musée Thomas Henry la sérigraphie réalisée par Dezzig sur la « rue Adalbert Mahieu ». Est ce que cette « pluie heureuse » existe également dans ce format? Si oui, comment se la procurer?
    Cdt

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    1. Bonjour Julien, cette image est épuisée au musée mais vous pouvez la commander chez Créart, bd de l'est. Vous pouvez y commander toutes les images de l'expo, y compris le triptyque, mais d'un seul tenant, plus deux autres qui ne s'y trouvent pas. Chaque image est numérotée et signée et tirée à 80 exemplaires.

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    2. Julien, j'ai bêtement supprimé votre message.
      Oui, ce sont bien des tirages qui sont proposés chez Créart, et pas des sérigraphies...

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